Chaque annĂ©e, lorsqu’arrivent les premiers jours d’automne et que certains se sortent les plaids, Ă  Nancy on branche les enceintes et on monte le chapiteau ! Pour sa 43e Ă©dition, les NJP (Nancy Jazz Pulsations) continuent de faire le pont entre jazz et musiques actuelles. Du coup on a Ă©tĂ© voir si leur grand Ă©cart fonctionnait toujours aussi bien.

Vikings, raideurs cervicales et Tigrou

ArrivĂ© le vendredi soir, on file rapidement vers l’Autre Canal. La SMAC tout de rouge vĂȘtue accueillait ce soir lĂ  Rocky, NaĂŻve New Beaters et Las Aves. Ce sont d’ailleurs ces derniers qui occupaient la scĂšne Ă  notre arrivĂ©e, et ils ont Ă©tĂ© la bonne surprise de ce dĂ©but de festival. Du trĂšs M.I.A.-inspired « N.E.M » au titre Ă©ponyme de leur album« Die In Shanghai », leur pop Ă©lectronique gonflĂ©e aux synthĂ©s et riffs de guitare et portĂ©e par la voix juvĂ©nile de la chanteuse s’est avĂ©rĂ©e ĂȘtre un remĂšde parfait contre les raideurs cervicales. Heureusement pour nous d’ailleurs, car on a continuĂ© Ă  balancer la tĂȘte toute la nuit.

Las Aves. CrĂ©dit : L’Epiphanographe (Dorian Cessa)

De retour sur le site principal au milieu de la PĂ©piniĂšre de Nancy, on s’est frayĂ© un chemin jusqu’à la scĂšne du chapiteau oĂč on a pu voir que la reformation des Vikings de la Guadeloupe tenait toutes ses promesses : aprĂšs 50 ans de carriĂšre, le jazz crĂ©ole cuivrĂ© et colorĂ© Ă  souhait des vieux brisquards d’Outre-Mer fonctionne toujours aussi bien, idĂ©al pour s’échauffer avant la fiĂšvre du Magic Mirrors. Le Magic Mirros ? C’est le club historique du festival. Les NJP y avaient conviĂ© deux artistes parfaits pour un closing : les fous furieux kraut-trance-noise de La Jungle d’un cĂŽtĂ© et le technicien DDDXIE et son set-up Ă  base de TR-808, 707 et autres synthĂ©s vintage de l’autre ! Autant vous le dire tout de suite : le bois du dancefloor a failli s’embraser. 

Caméléons, balade aquatique et Acid Arab

Le lendemain aprĂšs-midi, aprĂšs avoir vu Pigalle parler musiques du monde et camĂ©lĂ©ons Ă  une bande de bambins visiblement captivĂ©e, on nous a proposĂ© un parcours atypique qui valait clairement le dĂ©tour : une balade dans l’aquarium de Nancy, un casque sur les oreilles. Et si le catalogue marin de l’établissement vaut dĂ©jĂ  le coup d’Ɠil, il prend une toute autre dimension lorsque Ghost of Christmas vous accompagne de sa pop dĂ©licate et profonde. Immersion garantie ! On comprend d’ailleurs Ă  l’écoute de leur single « Awake » pourquoi le label de sieur Laurent Garnier a dĂ©cidĂ© de les signer.

Acid Arab. CrĂ©dit : L’Epiphanographe (Dorian Cessa)

Une fois le casque rendu, on a filĂ© voir French 79 Ă  l’Autre Canal. Fort d’un nouvel album (dont on vous dit beaucoup de bien dans notre dernier numĂ©ro), le Marseillais Ă©chappĂ© d’Husbands et Nasser s’est livrĂ© aux prouesses qu’on lui connaĂźt derriĂšre ses synthĂ©s pour un set Ă  la fois tendre et punchy, une sorte de romance acidulĂ©e entre pop et Ă©lectro. Mais la grosse claque de cette soirĂ©e c’est surtout Acid Arab qui nous l’a donnĂ©. Ceux qui ont squattĂ© notre couv’ le mois dernier ont livrĂ© un live parfait, Ă  l’image de leur album, une techno mĂątinĂ©e de sonoritĂ©s orientales sans tomber dans le clichĂ©, avec une mention spĂ©ciale pour le morceau « Le Disco » dont on a pu vĂ©rifier l’efficacitĂ© incroyable sur un dancefloor. On serait bien revenu voir le live de Carpenter Brut aprĂšs ce que l’on pensait ĂȘtre un simple dĂ©tour par le Magic Mirrors, mais lorsqu’on a dĂ©couvert l’infatigable French79 derriĂšre les platines, on s’est dit qu’on resterait bien cinq minutes de plus
 Puis cinq autres
 Et ainsi de suite, jusqu’au closing.

Meilleur moment : la balade dominicale au milieu de la PĂ©piniĂšre avec le concert de Gallowstreet !

Pire moment : c’était FĂ©fĂ© ou Corneille sur la grande scĂšne ?