AprĂšs avoir changĂ© plusieurs fois de lieu au cours de ses douze annĂ©es d’existence, le N.A.M.E Festival nous donnait cette annĂ©e rendez-vous au port fluvial d’Halluin – Ă  quelques kilomĂštres de Lille – pour deux soirĂ©es au line-up fourni. Minuit, le premier soir : on arrive tout pile pour le live de Recondite. En une heure de set seulement, le producteur allemand rĂ©ussit Ă  nous emmener vers des contrĂ©es sombres et mĂ©lodieuses dont lui seul a le secret. DerriĂšre lui, des extraits du film inachevĂ© de Henri-Georges Clouzot L’Enfer font danser Romy Schneider et Serge Reggiani sur de la techno ; mariage magique. On reste du cĂŽtĂ© de l’Allemagne par la suite avec un live de Stephan Bodzin qui nous fait la grĂące de jouer plĂ©thore de titres extraits de son excellent album Powers of Ten, sorti courant 2015. Pour l’avoir vu il y a quelques mois au Showcase, on comprend vite que son live gagne en grandeur dans de grands espaces et non pas en restant confinĂ© dans un petit club parisien. Les deux immenses chapiteaux dressĂ©s Ă  Halluin semblent donc ĂȘtre le théùtre parfait pour accueillir les expĂ©rimentations techno de l’Allemand. A noter que pour un festival outdoor, la qualitĂ© et la puissance sonore du N.A.M.E Festival le place sur la carte des trĂšs bons festivals ! Autour de nous, le public semble clairement prendre son pied, et cela fait plaisir Ă  voir. Bien loin du public parisien – parfois altier, parfois blasĂ© – les gens du Nord savent faire la fĂȘte sans se prendre la tĂȘte. Dans le chapiteau adjacent, le tube « Sorry I’m Late »rĂ©sonne tandis que Kollektiv Turmstrasse s’escrime derriĂšre ses platines. A Laurent Garnier, on prĂ©fĂšrera le tunnel technoĂŻde d’un Ben Klock lui aussi en grande forme. Comme au cours de chacun de ses passages, les basses de l’Allemand font trembler notre cage thoracique et nous transperce de part en part.

Alors que les plus courageux sont allĂ©s s’ambiancer en guise de before Ă  la Gare St Sauveur de Lille en fin de journĂ©e ou bien s’instruire aux diffĂ©rentes masterclasses proposĂ©es par le festival, on prĂ©fĂšre de notre cĂŽtĂ© arriver frais comme des gardons pour choper Paula Temple dĂšs le dĂ©but de son set, en ce second soir de festival. Industrielle Ă  souhait, la techno de la productrice nous fait bondir le coeur et grincer des dents. Temple est rĂ©putĂ©e pour ne pas faire dans la dentelle, et ce n’est pas cette soirĂ©e ardente qui changera la donne. AprĂšs des applaudissements fichtrement fournis, elle laisse sa place Ă  une autre femme (les deux seules Ă  l’affiche pour cette Ă©dition 2016) : l’inĂ©galable Ellen Allien. La productrice mixe acid – et c’est Ă©videmment ce que l’on attend d’elle – en vinyles, s’il vous plait; et clĂŽture son set avec un excellent remix de « Die Roboter » de Kraftwerk. On accorde par la suite un petit moment d’attention Ă  RĂždhĂ„d avant de finalement nous rabattre sur les paysages un peu moins torturĂ©s et un peu plus lumineux de Maceo Plex. D’ailleurs, tout le monde semble s’ĂȘtre donnĂ© rendez-vous sous ce chapiteau, laissant RĂždhĂ„d Ă  moitiĂ© seul avec lui-mĂȘme – cela avait au moins l’avantage d’ĂȘtre plus respirable que la veille ! Sous le second chapiteau, l’ambiance est Ă  son paroxysme et personne semble vouloir s’arrĂȘter de danser. Pour finir cette soirĂ©e en beautĂ©, on s’enfile un burrito de l’enfer Ă  la Cantina Mexicana puis on retourne rejoindre la petite foule qui s’entasse devant APM001. Bonne surprise de ce festival, les quatre DJs nous gratifient d’un « Dogma 1 » par Kölsch ft. Michael Mayeravant de nous dire au revoir de maniĂšre plutĂŽt originale : avec « Il en faut peu pour ĂȘtre heureux » extrait du Livre de la Jungle. Un bon rĂ©sumĂ© de ces deux jours passĂ©s au N.A.M.E quoi !

Le pire moment : le manque cruel de points d’eau.

Le meilleur moment : le mec hilare qui explique à un fanboy de Garnier que ce dernier joue depuis deux heures sous l’autre chapiteau.